Le traitement conservateur du cancer invasif de la vessie, le plus souvent trimodal associant résection endoscopique extensive, chimiothérapie systémique et radiothérapie externe, est l'un des sujets les plus controversés en carcinologie urologique. La cystectomie est et reste le traitement de référence avec les meilleurs taux de survie sans récidive. Cependant, plusieurs données font penser que ce traitement conservateur aura peut-être une place dans certaines situations particulières.
Parmi ces données, je citerai le refus définitif de la cystectomie par certains patients, l'amélioration des protocoles de chimiothérapie (nouvelles drogues) et de radiothérapie (hyperfractionnement), la présence de micrométastases dans un pourcentage non négligeable de patients candidats à la cystectomie etc..
La revue de la littérature montre que pour le moment les résultats du traitement conservateur trimodal sont inférieurs à ceux de la cystectomie avec une survie sans récidive à 5 ans aux alentours de 50 % et une conservation de la vessie chez environ 20 à 30 % des patients. Il ne faut cependant pas oublier que les séries du traitement trimodal regroupent des patients avec un stade TNM généralement plus avancé que celles de la cystectomie. Ces chiffres sur la survie avancés, qu'en est il maintenant des résultats fonctionnels ?
Dans un article publié dans le Journal of Urology de Novembre 2003, Zietmann et al ont donc réalisé une étude urodynamique et une évaluation de la qualité de vie sur une série de patients avec un cancer invasif de la vessie ayant eu un traitement conservateur de la vessie trimodal associé à une cystectomie de sauvetage en cas de réponse incomplète ou de récidive. Entre 1986 et 2000, 221 patients présentant un cancer invasif ont été inclus. Les stades cliniques variaient de T2 à T4a ! 32 % des patients avaient des stades cliniques avancés T3 et T4 a !
De ces 221 patients, seuls 66 sont toujours vivants sans récidive avec leur vessie native. 49 patients ont finalement été évalués avec une étude urodynamique et/ou un questionnaire de qualité de vie. 75 % avaient une vessie normale et fonctionnelle à l'étude urodynamique. 6 à 19 % des patients rapportaient des symptômes urinaires (impériosités, fuites urinaires..) qui ne retentissaient sur la qualité de vie qu'une fois sur deux. 8 à 22 % rapportaient des symptômes intestinaux (crampes, diarrhée, tenesme ..) qui ne retentissaient sur la qualité de vie qu'une fois sur sept. 54 % des hommes conservaient une érection permettant l'intromisssion.
Comme le démontre ces chiffres, les résultats fonctionnels sont donc globalement satisfaisants chez les 30 % de patients qui ont conservé leur vessie sans récidive.
Voici l'article en question :
Afin de mieux cerner les résultats et la place actuelle, très controversée, du traitement conservateur du cancer vésical invasif voici quelques lectures INDISPENSABLES :
Il s'agit d'un article des mêmes auteurs défendant la place du traitement trimodal conservateur à travers une revue des séries publiées, incluant une mise à jour de leur série.
Véritable réquisitoire contre le traitement conservateur, il s'agit d'une excellente revue de la littérature faite par Montie et publiée dans le même numéro du Journal of Urology.
Le chapitre du traitement du cancer invasif de la vessie de l'ouvrage de référence en Urologie, dans sa dernière édition de 2002. Disponible aussi dans la rubrique téléchargement.
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